Aujourd'hui, les Fermiers succombent à la mode, et passent en revue une tablette tactile, sous Android Honeycomb. Et pas n'importe quel modèle, puisqu'il s'agit de l'Asus Eee Pad transformer TF101, avec son dock clavier, qui tente de réunir le monde du tactile et du netbook. Une idée qui a le mérite de permettre à la marque de se démarquer de la concurrence, où finalement, toutes les tablettes se ressemblent. Pari réussi ?
La tablette arrive dans une boite très classe, noire avec juste ce qu'il faut en photo pour découvrir le produit. Et aussi juste ce qu'il faut pour savoir qu'on achète le bon produit, puisqu'aucune information technique n'est visible sur les côtés ou l'arrière.
A l'intérieur, on trouve en premier lieu la tablette, sous plastique, suivi du dock clavier, lui aussi protégé.
Et tout au fond, le bundle, qui est aussi petit que la peau de Chagrin à la fin du livre : un adaptateur secteur vers USB, un câble USB pour charger et synchroniser la tablette, et deux petits livrets. Des livrets qui expliquent le strict nécessaire, à savoir comment démarrer puis brancher la tablette au dock.
Pas de petit chiffon, pas de vraie notice en papier pour présenter rapidement les applications, un câble USB pour Minipouss, on fait vraiment dans le minimum syndical, et nous n'apprécions pas vraiment.
Place aux caractéristiques :
Pas de tableau aujourd'hui ! Un écran IPS de 10.1" avec traitement Gorilla Glass, un SoC Nvidia Tegra 2 épaulé par 1Go de mémoire vive, 16Go pour le stockage, et voilà . Pour Android, 3.0.1 au déballage, 3.1 cinq minutes après.
La tablette
Commençons le test par la tablette, qui est l'élément principal de ce combo. Il faut dire que le clavier seul est aussi utile qu'un parpaing à une maison en bois.
Bref, le tour du propriétaire ! La tablette mesure 271 x 177 x 12.99mm et pèse 680g d'après la notice, 685g d'après notre balance. La première chose qui frappe est très certainement la couleur, qui s'approche du bronze. C'est beau, classe, et très original. A l'avant, outre l'écran, se trouve une webcam de 1.2M. Rien de plus, les produits sous Android 3.x n'ayant pas besoin de boutons physiques.
A l'arrière, c'est bô ! Toujours cette même couleur sur un motif répété à l'infini, et un dos en ABS d'une très bonne qualité. La marque vise clairement un secteur haut-de-gamme, et l'absence d'un matériau plus noble comme l'aluminium n'est absolument pas problématique.
Au centre, le logo de la marque, en argenté, se veut très discret, tout comme l'appareil photo en haut, de 5M.
Sur les côtés, on reste dans le sobre, à l'image du reste de la tablette. Il faut dire qu'Asus a très certainement prévu de forcer la main sur l'achat du dock clavier, puisque nous ne trouvons pas grand chose. Sur la gauche, le bouton power / Veille, le double bouton pour le volume, et à droite, un prise casque / micro, un mini-HDMI, et enfin un lecteur de cartes MicroSD. Point de SD, ni de port USB, c'est un peu vide. On se rattrapera avec l'intégration de ces éléments, sur un cerclage en métal d'un seul tenant.
N'oublions quand même pas un élément important, le connecteur alimentation, sur le bas de la tablette. Connecteur qui fait aussi office de prise pour le dock, ainsi que pour de futurs accessoires, dont lecteur de cartes et USB Host.
On se répète, mais la finition est de haut niveau. Le plastique est rigide, le dos ne s'enfonce pas du tout si on appuie dessus. L'écran est parfaitement intégré sur le dessus, avec un petit rebord très appréciable pour savoir où en sont les doigts.
Une petite chose tout de même. La tablette mélange deux genres : le cubique et l'arrondi. Le cubique de part le cerclage, qui s'arrête net sur l'avant et l'arrière, et l'arrondi pour le dos, qui forme une petite bosse très agréable une fois l'objet en main. Malheureusement, selon la taille des mains, le côté sera trop raide et désagréable.
Le dock clavier
Continuons avec le dock clavier. C'est sur ce dernier que se concentre l'essentiel de la connectique.
Tout comme la tablette, on retrouve le fameux cerclage en métal, toujours bronze, le dos en ABS arrondi avec le motif, et deux petits plus : des pieds en caoutchouc, et surtout le support pour la tablette. Pour le poids, 634g d'après notre balance.
Ce support est en métal, et attention, il n'est pas évident à manipuler sans tablette dessus. Et cela a son importance, puisque si vous enlevez la tablette et que vous voulez ranger le dock, il faudra bien (ou pas), rabattre le support. Ou essayer, c'est un peu au choix.
Mais revenons aux connectiques. Sur la droite prend place un lecteur de cartes SD, à l'avant, et un port USB Host à l'arrière. De l'autre côté, on inverse avec le port USB Host en bas, et le connecteur alimentation en haut, avec un témoin de charge.
Si ce connecteur et le lecteur de cartes sont accessibles directement, il n'en va pas de même pour les ports USB, qui profitent d'un cache. Cache peu évident à enlever, le battement n'étant pas énorme, et le système comme monté sur des ressorts. On ouvre, et si on lâche trop vite, hop, le cache se remet à sa place.
On termine le tour du clavier par le clavier en lui-mĂŞme, et le touchpad.
Au format chiclet, il s'approche de ce que nous trouvons sur les netbooks, si ce n'est quelques touches aux couleurs d'Android. Ainsi, les touches Windows de gauche et de droite son respectivement remplacées par Home et Menu. Alt s'éclipse au profit de Recherche, tandis que plus haut, c'est Retour qui supplante Echap.
Pour le reste, c'est ultra classique, sauf peut-être la présence d'un deuxième Fn à côté des flèches, ce qui est une excellente chose.
Du côté des raccourcis, là encore on fait classique, mais complet : Retour, WiFi, Bluetooth, Touchpad, Gestion de la luminosité, Capture d'écran, Internet, Paramètres, gestion du multimédia, et enfin Verrouillage.
Un seul reproche à ce niveau, mais qui ne concerne pas Asus : les touches pour la gestion des pistes multimédias ne fonctionnent qu'avec le lecteur Google. A voir si les développeurs d'applications tierces feront des petites mises à jour ou non.
Si la frappe n'est pas réellement silencieuse, elle n'en reste pas moins très agréable, d'autant plus que le clavier ne s'enfonce pas au centre. Comme d'habitude avec la marque, nous avons un excellent clavier, à faire rougir les modèles desktops.
Le dock clavier, encore, et l'autonomie
Il faut le reconnaitre, le clavier virtuel est une petite merveille, même si l'absence de retour haptique pourra en rebuter quelques uns. Mais un clavier réel, c'est tout de même plus agréable, notamment quand on veut voir la totalité de l'écran.
Un modèle rétro-éclairé serait une bonne idée...
En revanche, nous restons un peu plus mitigés pour le touchpad, qui, s'il répond très bien, avec une bonne glisse, nous laisse de marbre. On prend très vite goût au tactile, c'est un fait.
On ne s'attarde pas, et on passe à l'élément phare de ce dock, sa batterie intégrée. Un très gros plus, qui permet à la tablette de passer de 9 à 16h d'autonomie, d'après Asus. Et pour une fois, les résultats ne sont pas loin de la réalité.
En lecture de film HD, il est possible de tenir environ 7h45 sans le dock, avec une luminosité à 50%. En rajoutant le clavier, qui au passage permet de se reposer les bras, on obtient un très bon 12h15.
Le maximum que nous ayons obtenu était bien un 9h (ou presque), en lecture de fichiers epub, avec le WiFi activé, et la luminosité presque au minimum. C'est bon, très bon.
En veille, le résultat est en revanche moins encourageant, puisque sur 24h de veille, on perd bien 40~45% de l'autonomie. L'allumage de la batterie étant plutôt rapide, nous ne pouvons que conseiller de bien éteindre la tablette si elle ne servira pas la journée.
Un autre point noir, logiciel cette fois. Asus fait tout pour privilégier la batterie de l'ardoise, ce qui est une bonne chose. On branche le clavier, c'est celui-ci qui se décharge d'abord. On branche le secteur, c'est d'abord la tablette qui reprend du jus. Et à ce niveau, outre le témoin de charge du dock, impossible de savoir où on en est, puisque le clavier n'est pas monitoré... Il faut télécharger des logiciels tiers pour en savoir plus, c'est dommage.
Conclusion
Il faut le reconnaitre, la tablette d'Asus nous a clairement emballée. A condition d'acheter le dock clavier, qui apporte de réels plus : la connectique, l'autonomie, et le confort. Sans cet accessoire, indispensable à nos yeux, nous serions tentés de dire d'aller voir chez Acer, qui offre une connectique blindée sur son Iconia A500.
Mais alors, pourquoi acheter cette tablette et non un netbook ? C'est une bonne question, et beaucoup se la posent. Il faut tout d'abord déterminer l'usage qui sera fait de la tablette, car Android n'est pas Windows 7, ni Linux, d'autant plus que le système Honeycomb est jeune, et le market plutôt vide en applications dédiées. Encore plus si vous passez sous 3.1, ce qui est fait dès la première connexion de la tablette à un réseau sans-fil. D'ailleurs, chapeau bas à Asus pour avoir proposé la mise à jour dès sa sortie, ça laisse espérer de bonnes choses sur la suite.
Mais revenons à nos moutons et nos vaches : pourquoi une tablette, et plus particulièrement celle-ci ? Parce que c'est à la mode !
On ne s'en cache pas, nous aimons bien toutes ces nouvelles petites choses. Mais pour une fois, on y trouve une réelle utilité. Surfer tranquillement depuis son canapé ou son lit, regarder des vidéos sans entendre un ventilateur tourner, jouer à des jeux dits plus ou moins casual gaming, et même travailler un peu, selon le domaine d'activité. Rappelons que la suite Polaris Office gère les documents MS Office, que des applications professionnelles lourdes arrivent, comme AutoCAD WS, etc.
Bref, pourquoi cette tablette et pas un netbook ? Une seule réponse à nos yeux : c'est justement une tablette, avec une option clavier physique. Et ça change tout, ou presque, des kits tactiles existant pour de nombreux netbooks.
On termine par un mot concernant Android et son avenir. A en croire les chiffres des ventes des quelques tablettes présentes sur le marché, il faut bien avouer que ce n'est pas folichon. En cause, des tarifs très élevés, et un système immature, dépourvu d'une réelle offre logicielle.
Avec iOS, Apple frappe fort à chaque mise à jour, renforçant un peu son hégémonie. Il faut dire qu'avec un parc matériel restreint, la marque à la pomme peaufine son OS aux petits oignons, permettant de profiter d'une fluidité exemplaire, mais surtout de ne pas perdre les développeurs (en mettant de côté le système financier), qui savent que les applications fonctionneront parfaitement sur la presque totalité du parc.
Concernant Microsoft, son retour dans la mobilité se fait timidement, mais Windows 8 pourrait changer la donne, puisque compatible ARM. Un système pour ordinateurs, tablettes et téléphones, voilà qui devrait faire mal, selon la compatibilité des applications et les migrations x86 vers ARM. Si les partenariats seront efficaces avec les partenaires matériels et logiciels, le prochain système de Microsoft pourrait damer le pion à Google.
Et quand Asus annonce une Transformer 2 pour 2012, compatible Android et Windows 8 via deux versions, on peut se poser des questions. Ne faut-il pas mieux attendre encore une année avant de craquer pour une tablette, afin de voir les futurs écosystèmes ?
Autre question, qui vise directement Asus. Le dock sera-t-il réutilisable sur d'autres produits ? Un peu à l'image des accessoires pour iPhone, qui profitent d'un petit support à changer selon la version du téléphone.
On aime, mais honnêtement, nous ne savons pas s'il n'est pas encore trop tôt avant de prêcher la bonne parole en faveur des tablettes... Sous Android. Car après tout, avec un iPad, certes réputé fermé, au moins on sait où on va.
Source : CowCotLand

