Antec, qu’on ne présente plus, a décidé de se lancer dans la course au son. Les spéculations sur les matières premières, blé, orge, son, l’ont décidé qu’il y avait certainement un marché, ou tout du moins, une part du marché à prendre. Ah pardon, mon approche altermondialiste m’a perturbé et Antec me fait dire qu’il s’agit non pas du son que l’on peut mettre dans le pain, mais du Son que l’on peut se mettre dans les oreilles. Celui qui permet de se vider la tête soit en écoutant un morceau d’anthologie de Mireille Mathieu soit de réaliser un retour en enfance avec un bon vieux Bernard Minet. Et normalement, suite à cette écoute musicale très personnelle, il est de bon ton de faire une partie de COD7 afin de compenser ou de décompenser au choix. Le Rockus 3D est donc un kit 2.1, il doit permettre de réaliser ces choses cités ci-dessus. D’ailleurs, Antec a choisi de nommer sa branche son, SoundScience, la science du son, allons donc vérifier si la science est maîtrisée.
SoundScience a dû en partie entendre le discours altermondialiste car le carton d’emballage est un simple carton brun. Ainsi peu d’encre, peu de pollution lors du recyclage. Rien que pour cela, nous pouvons dire merci à SoundScience. Nous savons ce qu’il y a dans le dit carton tout simplement parce que c’est écrit dessus et heureusement car il n’y a pas plus de précision. Nous pourrions le confondre avec le carton des croutons de pain que nous avons prévu pour nos petites bêtes à sabot. Ouf, elles ne mangeront pas du Rockus 3D. Nous devons vous faire part d’une question qui nous taraude, pourquoi 3D ? A ce jour, nous n’en avons pas la moindre idée.
Bref, le bundle de ce Rockus est suffisant pour son utilisation. Nous avons donc les deux satellites, le sub et des câbles en mono-RCA, ainsi qu’un câble 8 broches vers 8 broches , un jack 3.5 mm vers jack 3.5 mm, un jack 3.5 mm vers deux RCA et enfin une notice d’utilisation rapide. Et c’est tout ,mais c’est déjà pas mal.
Les enceintes
Ce qui saute aux yeux de façon quasi-immédiate, c’est le design des satellites. C’est totalement WAF, véritablement WAF. Madame a tellement apprécié qu’il n’est pas impossible que le Rockus ne quitte jamais son bureau, ou alors uniquement dans le cadre d’une opération commando de nuit, pendant son sommeil. De plus, il faudra laisser des traces d’effraction pour paraître crédible, sinon, nous risquons clairement notre intégrité physique voire notre vie. Pour le coup, il est vrai que SoundScience a fait plutôt dans la recherche esthétique et il est fort peu probable de croiser un autre kit au look identique.
De fait, la marque a choisi une alliance entre le métal peint en noir et des touches de métal chromé en la présence des cornets sur les satellites. Le sub, quant à lui est beaucoup plus classique, médium noir et toile acoustique noire.
A la prise en main, le satellite fait son poids, c’est lourd ! La forme cylindrique, nous le disions, est assez peu courante dans le son. Le cylindre repose sur une plaque d’alu découpée et pliée de façon à faire le pied. Celui-ci opte pour des lignes biaises, triangulaires, ce qui contraste énormément avec le cylindre qu’il supporte. Nous trouvons sur la face supérieure un petit sigle rappelant la marque. C’est simple, joli, esthétique et franchement bien pensé. Le haut parleur est donc hébergé dans un cylindre en aluminium anodisé noir, une coupelle métallique chromée termine le cylindre côte hp et sur l’arrière, nous trouvons une pièce en alu anodisé gris assez épaisse, maintenue par quatre vis BTR. En son centre, un évidement donne accès à la connectique type RCA. A l’avant, au centre de la coupelle chromée, une toile acoustique noire recouvre une grille métallique dont les larges trous sont hexagonaux. Nous les devinons très nettement car la toile est fine. Le caisson de basses opte pour une forme rectangulaire tout en hauteur. C’est assez peu commun. Derrière la toile acoustique, nous sentons avec nos doigts experts un évent puisque la membrane est placée sur l’arrière du sub. A priori, la toile ne se retire pas…enfin c’est toujours possible mais elle risque fort de ne plus tenir ensuite ! Le caisson a des côtés en mélaminé noir. Sur l’arrière, nous trouvons le panneau de connectique. Sur celui-ci à droite, il y a bien sûr une entrée en jack 3.5 mm, puis celle en deux RCA et surtout une entrée optique. Juste en dessous, nous avons aussi un curseur avec des graduations courant de 1 à 3. Il servira à régler la fréquence de coupure du caisson. Centrés, les borniers à basculeurs alimenteront les satellites. Enfin à gauche, sont placés le curseur d’allumage. Tout en bas, la membrane nous fait face, protégée par une grille, un sub avec radiateur passif. Sous celle-ci, le fil d’alimentation n’est pas amovible. Les pieds du sub sont de simples cylindres de caoutchouc souple, ils sont juste collés et ne devraient pas supporter d’être glisser au sol bien souvent, c’est à noter. Pour commander tout ce petit monde, SoundScience a prévu une télécommande à l’image des satellites. Elle est cylindrique, et se connecte au sub par l’intermédiaire d’une connectique simili VGA. La partie supérieure fait office de bouton de volume. Plusieurs leds en dessous du volume nous informent de l’état du Rockus 3D et surmontent le bouton de sélection. Celui est simplement rond et gris, il permet de muter, de sélectionner la source et d’opter pour un réglage spécifique du spectre.
Au niveau de la technique, SoundScience affirme couvrir le spectre de 10 à 20000 Hz. Les puissances annoncées sont de 25 W par satellite et 100 W pour le sub. Comme le bundle et la description le laissaient supposer, il sera possible de brancher le Rockus 3D en RCA, en jack 3.5mm ou en optique. Cette dernière est une bonne surprise sur un kit au tarif plutôt bien placé, autour de 180 euros. Le Corsair SP2500, par exemple, n’en bénéficie pas. Les dimensions des satellites sont les suivantes : 156 X 157 X 119 mm, il s occupent donc un peu de place, mais la présence des pieds permettra de fourrer tout un tas de bazar dessous. Le caisson mesure 269 X 351 X 196, il est donc assez compact et ne prendra pas tout l’espace sous le bureau. Au niveau du poids, les satellites ont été pesé à 641 grammes. Pour le caisson, nous avons le même problème que précédemment avec le Corsair. Notre balance dépasse difficilement les 5 kgs sans crier...
Le son
La mise en service du kit Rockus 3D est particulièrement simple. En effet, le câble 8 broches est celui de la télécommande, ensuite, il s’agit des RCA à destination des satellites. Ensuite il suffit de connecter la source en fonction de son type de connexion. Attention, si SoundScience a prévu une entrée optique, le câble n’est pas fourni, c’est à noter aussi. Nous pourrons faire qu’une seule petite critique, nous ne nous en privons pas. En effet, si la connexion s’effectue très facilement, nous ne comprenons pas pourquoi SoundScience n’a pas mis des borniers RCA sur le sub. En général, sur un kit 2.1, c’est largement faisable. Les borniers à basculeur obligent à deux manipulations pour brancher un satellite. C’est d’autant plus étrange que la connectique côté satellite est en RCA. Il s’agit véritablement d’une critique tout à fait tatillonne, mais cela aurait été encore meilleur pour la simplicité de mise en service. Cela dit, le branchement est rapide et il n’y a pas de réglage particulier, il suffit de mettre en route le kit.
Le seul réglage imposé par le Rockus 3D est la fréquence de coupure du sub. A la sortie de la boîte, le réglage par défaut est calé sur 1. A ce niveau les basses sont présentes, mais assez faibles. Elles ne descendent pas très bas. C’est à l’utilisateur de choisir son niveau. Très honnêtement, le niveau 3 est peut être celui à privilégier. Le 1 et le 2 restent un peu trop faibles à notre goût.
Au niveau de la qualité du son sur une écoute musicale, le Rockus a les défauts de ses qualités. En fait, les satellites composés d’éléments métalliques procurent aussi un son que l’on peut qualifier de métallique. Attention, ce n’est pas forcément un désavantage, d’autres constructeurs ont aussi cette caractéristique, Yamaha entre autres. Mais du coup, il est vrai que l’on perd la chaleur que peut apporter le bois. En contrepartie, cet aspect métallique génère une belle précision. De fait, dans un environnement métallique, les aigus sont très découpés, peut être un peu trop même. En effet, c’est, à la première écoute, ce qui transparaît de suite, les aigus sont présents avec puissance et importance. Les médiums hauts profitent aussi de cette caractéristique. Le bas du spectre a un peu plus de difficulté, même s’il reste bon dans l’ensemble. Cela dit, le sub est légèrement en retrait, la petitesse de sa membrane et surtout son manque de volume en sont la cause. Il s’avère relativement puissant, dynamique mais manque de profondeur et il manque cruellement de richesse. Il n’y a pas le relief suffisant pour pouvoir affirmer que les basses sont parfaites. Elles ne sont que belles, avec un vrai côté peau de tambour. Si l’on pousse un peu volume, la tenue est moins propre, le sub se diffuse et perd nettement en précision en se voilant de distorsion. Autre point à noter, il est possible de saturer en mode 3, si vous êtes adaptes des forts volumes, il faudra penser à baisser franchement les choses. La puissance est relativement au rendez vous, les 150 W annoncés semblent là et honnêtement (même si passer derrière le SP 2500 est, en soi déjà , une terrible difficulté) le Rockus pousse quand même pas mal. Il y a de quoi se brouiller avec le voisinage, y compris dans une Ferme. Au niveau de la spatialisation, il n’y a pas de critiques à émettre, les voies droite et gauche sont bien identifiés et identifiables. Sur le chapitre écoute musicale, nous aurions tendance à dire que ce kit est parfaitement à l’aise sur des sons Rock (us)…un peu moins sur les écoutes à forte puissance de basses. Pour être très concret, un bon vieux Maceo ou Isaac passe à merveille, par contre un Jestofunk n’est pas pleinement restitué. Cela dit, le service rendu reste tout à fait performant, tant que l’on ne pousse pas le volume.
Sur une écoute axée jeu et DVD, les « critiques » émises restent valables. On retrouve cette touche métallique qui n’est pas pour déplaire mais qui marque un peu le son. L’environnement procure une belle sensation de proximité, de même que les dialogues. Cependant, et une fois encore, on remet le doigt sur le sub, il est en retrait, parfois même à l’agonie sur les grosses vibrations. Pourtant, sa conception nous laissait présager un meilleur fonctionnement. Ce qui, au passage, me permet de tacler Soundscience. En effet, il apparaît que le schéma technique que le sub possède une membrane sur l’arrière, et pas sur l’évent avant. Ce qui nous laisse pantois, puisqu’avec nos petits doigts experts, nous avons senti derrière la toile acoustique la membrane absente. Là , nous ne pouvons pas vous donner d’explication. Nous avons bien pensé à tout arracher pour prendre une photo mais bon, cela reste un procédé un peu barbare. Bref, pour en revenir à la performance d’ensemble du kit Rockus, nous retrouvons ce fonctionnement en jeu. Sur des volumes raisonnables, la précision et la belle restitution de l’environnement restent tout à fait excellentes, mais les explosions pourront, une nouvelle fois, se trouver confronter à une limitation, voire à une saturation, sur les forts volumes. A volume plus raisonnable, nous ne ressentons que le manque de profondeur, parce qu’au niveau dynamique, ça pète quand même. Toutefois, comme nous le précisons souvent, les Vieux Fermiers que nous sommes sont extrêmement tatillons, et très clairement le Rockus enterre une bonne partie de la concurrence sur du 2.1, en tous les cas dans la gamme de prix.
Un mot avant la conclusion sur le mode de réglage proposé par le Rockus, le 3D, qui n’a de réelle utilité que sur un jeu ou sur un film. Sa principale qualité est le fait que ce mode réussit au final à offrir une meilleure immersion. Le son nous enveloppe un peu plus, il rapproche les dialogues et recule l’environnement tout en augmentant la spatialisation. Celle-ci est moins naturelle mais bien plus travaillée. De fait, ce mode n’est pas à mettre de côté dans ce cadre là et exclusivement celui-là . En revanche, sur une écoute musicale, il dénature le son, triturant les instruments au point de devenir désagréable, presque inécoutable. Bref, un mode qui fonctionne pas si mal que cela mais à réserver au visionnage de films et au jeu. N’oublions pas aussi que ce kit passe haut la main au WAFmètre, et ça, c’est une sacré belle performance…excepté le sub assez commun. Mais ça, on s’en moque puisqu’il ira sous le bureau.
Conclusion
Franchement, nous ne pouvons que vous confier notre petite déception. A notre décharge, nous attendions le Rockus un peu comme le messie et surtout en concurrence directe avec le SP2500. Ce n’est pas le cas. Certes, avec les prix promo, ce n’est pas non plus le même prix, près de 50 euros de moins, voire plus, ce n’est pas rien. Le niveau de performance reste, cependant, bon voire très bon, surtout vu le prix. La seule note vraiment négative est constituée par la relative faiblesse du sub. Relative, car il reste puissant mais mal servi par ses petites membranes. La saturation arrive un peu trop vite à notre goût. Le son, quant à lui, est assez typé, franchement métallique. Mais cela plaît aussi. Bref, le Rockus est un kit 2.1 pour les rockeurs, pas pour les fans d’électro et de lignes de basses profondes.
Source : CowCotLand

